Samedi 30 mai 2009

Pas posté depuis longtemps, blablabla, désolée, blablabla, oraux en juin, blablabla, te faire foutre si t’es pas content.

 

Donc je suis très occupée. Je révise, je n’ai pas le temps d’écrire, je n’en prends pas le temps, et je n’en ai pas vraiment l’envie non plus. Et pourtant, hier, j’ai vu ce truc, et je me suis dit « il faut à tout prix que j’en parle ».

 

Il faut savoir que pas loin de chez moi, il y a des travaux en ce moment. Donc des trous partout, qui longent le trottoir. Ainsi, en rentrant chez moi hier soir, j’avise trois glandus qui regardent un camion. Je regarde les glandus. Je regarde le camion. Je m’aperçois que le camion a foiré sa manœuvre (et ce alors que tant de gens aiment à faire la circulation, vous avez remarqué vous aussi le nombre de balourds qui se sentent obligés de vous aider quand vous manœuvrez alors que vous êtes là bien tranquille dans votre coin et que vous ne demandez rien à personne ?) et qu’il a le cul à moitié dans le trou. Mais attendez, parce que vous me dites que tout le monde s’en fout, alors que vous ne savez pas le mieux : il y avait une pelleteuse à côté en train d’essayer de le sortir de là. Ah, raté, on s’en fout toujours. Et pourtant, mes trois glandus restaient plantés là, pour un peu je sens bien qu’ils seraient allés s’acheter du pop-corn. Quand soudain j’entends « mais ça, tu le filmes et tu le fous sur Internet ! ». Mais… mais… quel peut bien être l’intérêt d’aller regarder sur Internet un camion avec une roue dans un trou ?

 

Je me dis que les gens n’ont parfois rien à faire, parfois pas de vie, et quelque part ça me fait plaisir, et même ça m’arrange. Ça m’aide psychologiquement à aller réviser le système éducatif français.

Par Aspirine
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Lundi 4 mai 2009

Et tout à coup, enfin, seule. J'ai respiré. Si j'avais pu, je serais partie en Amérique du Sud, mais je n'avais pris que mes clés et mon portefeuille, dans lequel il restait dix euros, alors je me suis dit que je n'irais pas bien loin de toute façon. Quand je me suis rendu compte que mon portable était resté sur la table de nuit, pour la première fois depuis longtemps je me suis sentie libre. Finalement je pouvais bien partir en Amérique du Sud puisque personne n'avait plus le pouvoir de me sonner pour me demander "t'es où ?" Au fond, ça m'angoissait certainement un peu. Je crois que je cherchais l'angoisse pour rester en terrain connu. Ou peut-être que c'est maintenant que je la plaque, rétrospectivement ? Y a-t-il un mot moins romanesque - rétrospectivement ?

Je me suis demandé ce que j'allais faire tout en fermant la grille. Je pouvais partir loin, très loin. Je pouvais aller n'importe où. Je pouvais partir longtemps, aller me promener, pour réfléchir, pour rien. Je serais partie loin en fumant des cigarettes, il aurait un peu plus mais mon brushing aurait tenu impec', et quand je serais rentrée quelques heures après, quelqu'un m'aurait attendue. Mais je sais bien que la vraie vie est moins glamour que le cinéma, et que si je pars longtemps sans prévenir personne, en rentrant je ramasserai un flot d'inquiétudes visqueuses et je me sentirai mal. Pire encore si je pars en Amérique du Sud parce qu'il faudra me prostituer pour payer l'avion, ou commettre un crime sordide, ou dépouiller quelqu'un. Ce ne sera pas le happy end tant espéré.


Alors j'ai décidé de m'en tenir au plan prévu et je suis allée chercher le pain. Sur le chemin du retour j'ai quand même mangé le croûton en signe de protestation et j'ai un peu traîné. Trois minutes plus tard, je tournais la clé dans la serrure.

Par Aspirine
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Lundi 27 avril 2009

Comme j’étais une fille cool et en vacances, j’ai acheté des magazines. J’ai donc été avec entrain me fournir pour mon voyage en train (c’est beau toutes ces répétitions de sonorités, qu’est-ce que vous en dites ?). J’ai pris Jeu de rôle magazine, (je vous le précise pour faire un peu de pub parce que Casus Belli est mort et qu’il faut quand même qu’on ait un magazine, un jour j’arrêterai les parenthèses) et aussi un magazine de filles dont je me refuse à citer le nom, en partie parce que j’ai un peu honte.

 

Faute avouée à demi pardonnée, je le confesse : je lis des magazines féminins. Heula, non, je vous vois venir : non je ne l’achète pas tous les mois, et c’est heureux parce qu’en la lisant souvent je me demande pourquoi je la lis. C’est ça qui est merveilleux, aujourd’hui. On peut croire que la cause des femmes a grandement avancé et tout ça – ce qui est vrai d’ailleurs, mais vous savez que j’aime bien contester, parce que je suis une rebelle – et à côté de ça, il y a la presse féminine.

 

Et là, dans l’exemplaire que j’ai acheté, j’ai trouvé quelque chose de merveilleux : un article sur les complexes, qui t’explique que ce n’est pas grave si tu as un gros cul ou les seins qui tombent, avec témoignages de mecs à l’appui. Oui, tu es grosse, mais tu es belle.

 

Là vraiment, j’hallucine. Toutes les deux pages tu tombes sur de la pub, toujours des salopes de minces, jamais tu trouveras une fille qui fait plus que du 36, on te file des tas de recettes contre la cellulite, on te vend de la silhouette filiforme, on te fait sentir que déjà, si tu fais un 38, tu devrais faire un effort, ou du moins surveiller ce que tu bouffes. Remarque, tu ne mangeras jamais de Mac Do même si tu maigris car tu es une femme : personne n’a envie de voir une femme grosse. Tu dois plaire, donc tu dois faire attention. Sinon tu imposes ta graisse aux autres et c’est choquant. Permets-moi de te rappeler, lectrice à l’aise dans son 40 que tu es ronde, voire grosse, en tout cas en surpoids et que la bonnasse fait du 36.

 

Tout ça pour ensuite venir te dire que même grosse, t’es très bien aussi, hein. Mais réfère-toi quand même au numéro précédent, il y a la recette du régime miracle.

Par Aspirine
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Jeudi 16 avril 2009

Ceux qui prétendent qu’il est impossible de remonter le temps ont tort. On peut. En fait, c’est même très simple. Il suffit comme moi d’avoir un ordinateur, et surtout de ne jamais rien supprimer. Il faut tout laisser s’entasser dans des tas de dossiers, à des tas d’endroits. Et un beau jour, remonter ses manches et dire « allez, je fais du ménage ».


Inutile de vous dire que prendre une telle décision, ce n’est pas rien. Moi par exemple, j’ai mis un bout de temps. Et plus long encore est le temps passé à trier. Machin.doc, mais c’est quoi ça ? Ouvrir machin.doc, tout relire, et essayer de se rappeler. C’est pas de moi ça. Mais ça peut être à qui ? À truc ? Ahhh, mais si, à l’autre là, ah oui je me rappelle, olala, mais ça fait au moins cinq ans que j’ai plus de ses nouvelles. Je pourrais peut-être reprendre contact, on s’entendait bien.

Faire le ménage, c’est se retrouver virtuellement entouré d’un tas d’amis, de tas de connaissances plus ou moins lointaines. Au début c’est enthousiasmant, on pourrait retrouver tellement de monde. Et puis on se rappelle qu’on s’est brouillé avec truc, que machin, bah, il a fini par être soûlant, qu’un autre s’est vexé pour une broutille, que décidemment on en regrette un autre encore mais que la vie c’est comme ça, on ne peut pas consacrer de temps à tout le monde, on fait le tri sans s’en rendre compte, et après il n’y a plus qu’à constater. C’est un peu triste au début, et après ça passera. En ce moment, je suis dans la phase « un peu triste au début ». Je pensais que ça m’isolerait totalement, mais non. Je me rappelle plein de choses ; je me retrouve à quatorze ans, à quinze ans, je me rappelle comment j’étais, et je constate l’ampleur du chemin parcouru. J’ai l’impression d’être un personnage sorti d’un tableau. Je regarde le tableau, il n’est pas mal mais j’y suis étrangère désormais. Je le vois de l’extérieur, et même si je voulais, je ne pourrais pas y retourner.

Ça m’a fait du bien de faire du ménage, je crois. J’ai besoin de ça pour comprendre, pour pardonner, et, paradoxalement, pour me sentir plus proche de ceux qui m’entourent.

Je me relis et, mon Dieu, c’est affreusement guimauve. Je ne sais pas si c’est mieux que quand je me plaignais. Enfin j’en ai besoin, et de toute façon vous n’aurez que ça à vous mettre sous a dent en attendant la suite.

Par Aspirine
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