Vendredi 9 novembre 2007

C'est quand Clara m'a demandé pourquoi je l'avais écrit que j'ai tilté.

J'avais envoyé un texto à Clara. Un texto comme je les aime, c'est-à-dire pour faire partager à quelqu'un un petit rien. Je l'ai envoyé après avoir croisé une fille qui portait d'horribles bottes en caoutchouc - il faut savoir que quelques jours plus tôt, nous étions restées muettes d'effroi devant à H&M. J'ai rajouté "et sinon j'arrête la philo !". Et je l'ai envoyé.

Clara m'a rappelée presque tout de suite. "Tu me dis ça comme ça, toi, comme tu me dirais qu'aujourd'hui tu as changé de chaussettes". Elle avait raison. J'ai compris que je cherchais l'approbation de quelqu'un, de tout le monde.

C'est la première fois depuis longtemps que je prends vraiment une décision. Jusqu'ici, je me suis laissée porter sans poser de questions. Jusqu'à la fin de l'année dernière, avec mon échec aux concours. Que j'aurais dû prévoir. Et cette semaine, enfin, j'ai décidé qu'il était temps que j'arrête de vouloir absolument faire plaisir aux autres - mais à qui ?

J'ai décidé que deux licences à la fois c'était beaucoup, c'était trop, et que je préférais n'en continuer qu'une.

Ma mère est en vacances. J'ai peur de ce qu'elle me dira en rentrant, j'ai peur de la décevoir, et je n'aime pas la mettre devant le fait accompli, mais je l'ai fait. J'imagine qu'elle me dira que c'est dommage, et je lui débiterai la même chose qu'à tout le monde, les mêmes mots, ceux que j'ai déjà utilisés pour expliquer aux autres, comme je fais toujours.

Les mêmes mots, ceux que j'essaye de me graver dans le crâne à chaque fois que je me justifie. Mais ce ne sont peut-être pas aux autres que je m'adresse, en fin de compte. Je crois que c'est à moi. Et si c'était moi que j'avais peur de décevoir ?

Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 17 octobre 2007

Oué oué, celles-là mêmes que 20six a refusé de conserver gentiment. 
EDIT : grâce à Antoine, qui roxxe à fond.

Ca y est, à peine en vacances, je me remets de nouveau à courir partout.
Oui, en vacances. J'ai foiré ce concours, j'ai même failli écrire "lamentablement". En fait, ça ne me fait pas grand chose. J'étais persuadée de me retrouver en larmes, ou d'autres réjouissances de ce genre, mais finalement, non. Ca ne me fait rien. Ce qui me rend le plus aigrie, c'est de voir qui l'a eu dans ma section. Parmi eux, deux parfaites saletés, et la seule idée de les savoir admissibles alors que je ne le suis pas le remplit d'une jalousie bien vénéneuse. Ces filles sont détestables, la justice voudrait qu'elles ratent tout. Mais ce n'est pas pour rien qu'elles sont détestables. Et puis c'est l'occasion de constater qu'on ne pourrait pas qualifier de sans faille le soutien que m'apporte mon père. Surtout que la subtilité n'est pas ce qui le caractérise le mieux. Autrement dit, il a chaussé les sabots pour me dire que j'aurais peut-être dû bosser plus. Merci papa, comme si ça ne me suffisait pas de savoir que je vais encore passer par des doutes et des remises en questions.
Mais bon, que voulez-vous. Et puis, comme le dit ce sympathique proverbe que je viens de me forger, "pas d'oraux, pas de révisions". Mes vacances d'été viennent donc de commencer.
Ma première destination de vacances est apparemment un dédale aussi bien matériel que symbolique. Ainsi ai-je eu tout le loisir de me perdre dans les petites rues d'Epinay-sur-Seine, Ermont, Enghien, ce coin de merde, parce qu'il faut bien appeler un chat un chat, et j'ai finalement perdu une heure en pérégrinations, pour cause de déviations en tout genre et de manque de panneaux. J'hésitais encore sur la forme qu'allait prendre ma paye, maintenant c'est décidé : je veux un GPS.
Ensuite, avoir du temps libre c'est tout à fait intéressant, mais au bout d'un moment, on finit par réfléchir profondément, ce qui n'est pas nécessairement profitable. Pour parler plus simplement, je ne sais pas trop quoi faire de ma peau. Qui suis-je, où vais-je, j'ai même recommencer à me tracasser, et je vous jure que ça fait une sensation vraiment bizarre, que je n'avais plus ressentie depuis longtemps, mais que je n'ai pas mis longtemps à reconnaître. Plusieurs mois, voire plus d'une année que ça n'avait pas fait sa réapparition. C'est reparti, mais je traîne toujours mon ennui. Même si je m'agite dans tous les sens. J'aide Myriam, je vais à l'hôpital pour mon emploi de cet été, j'essaye d'organiser une murder, je vais aux journées portes ouvertes, autant de choses qui me font brasser de l'air pour oublier que ma vie est un vaste néant.
La seule chose qui me rend fière de moi ces temps-ci, c'est que des extraits de mon blog seront lus dans l'émission Journal Infime de la Première de la Radio Suisse Romande, dans le cadre de la chronique de Brigitte Patient, "L'écrit du blog". D'ailleurs je vous conseille d'aller y jeter une oreille, on s'en laisse bercer.
Et en parlant de bercer, j'ai une journée portes ouvertes demain matin, et du sommeil à rattraper. Personne n'a dit que la fin de cette note devait être délicate et raffinée.
 
Ou comment fondre en larmes pour une recette de clafoutis aux cerises. Comme quoi, tout arrive, décidément.
Ce que je déteste, chez mes parents, c'est leur manque de communication. Ca a sans doute toujours été plus ou moins ainsi. Ces derniers temps, plutôt plus que moins. Et depuis l'année dernière, le froid total, que dis-je, le pôle nord, la prise des glaces. Plus rien ne transite si ce n'est nous, les restes, les enfants, ce qu'il faut bien se partager. Je sais que j'exagère, que bien sûr ce n'est pas ça, que c'est beaucoup plus complexe, et qu'on ne peut pas tout résumer en cinq minutes. Surtout dans la famille de ma mère, chez qui on ne dit pas grand chose, mais où on cogite beaucoup. Ca vaudrait le coup de vous raconter ça, mais après tout, moi, je ne suis témoin de rien, ma mère m'a raconté en très résumé, et ma tante en un peu moins, et d'après ce que mon oncle lui avait raconté. Vous voyez que déjà, ça commence.
Oui, il faudrait vraiment que je vous raconte, sans quoi tout n'aurait pas autant de sens. Mais à vrai dire, je n'ai pas le coeur à ça. Tout ce qu'il importe de savoir, c'est que mon père et ma mère se sont rencontrés par le biais d'amis communs, aimés, mariés, et qu'un jour ma mère a cessé d'aimer mon père. Comme ça, tout simplement. C'était il y a maintenant dix ans, peut-être plus, peut-être moins, je n'ai pas tenu les comptes. Ils n'ont pas divorcé. Ils voulaient préserver les enfants. Ils ont tenu cahin-caha, jusqu'à l'année dernière, quand la guerre froide a menacé de se transformer en guerre mondiale. Alors ma mère est partie. Je crois que mon père s'est mis à respirer, progressivement. Ma mère, par contre, a fait en sorte de se plonger dans le travail. Elle ne gagne "pas un kopeck" de plus qu'avant, mais elle travaille d'arrache-pied. Sans doute, ça lui plaît, je ne dis pas. Mais je crois que ça l'arrange aussi beaucoup.
Mais par dessus tout ça, il y a ce silence. On ne s'en aperçoit pas, et puis soudain on le regarde, et on se demande où on est, qui nous entoure, où est la maison. L'impression que tout s'est scindé en deux brutalement, comme deux parties d'un plat dont il manquerait juste un petit bout pour les recoller, qui seraient désormais étrangères l'une à l'autre.
Je comprends que ça leur fait mal à tous les deux, ce n'est pas parce que je ne l'ai pas vécu que je ne m'en rends pas compte, je le sais, je l'ai vécu à ma manière moi aussi. Et parfois j'aimerais qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils se débrouillent sans "ce qui reste en commun", les enfants. Ainsi, j'ai pu essuyer la colère de ma mère parce que je n'ose pas, moi non plus. Je n'ai pas su dire à mon père "demande-lui toi-même". Et je dérangeais ma mère, qui travaillait, comme tous les soirs, elle travaille ou elle dort. On sait qu'on dérange avant même de décrocher le téléphone. Je suis entre le marteau et l'enclume, et je commence à trop le ressentir. Il suffit de pas grand chose, deux-trois remarques, quelques gestes, un petit machin, mais tout ça s'accumule et je vais finir par craquer. Je ne suis pas aussi forte que je le voudrais, et je crois que je n'ai pas à l'être, je ne suis pas responsable de tout ça.
 
Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé de Mélodie. Notez bien, ce ne serait pas très important puisque ce n'est pas trop d'elle que je veux parler. Surtout depuis que j'ai appris qu'elle avait voté Sarko. Mais bon.
Hier soir, c'était son anniversaire. Elle avait réservé une salle dans un bar en plein coeur du premier arrondissement - j'ose à peine imaginer le prix, déjà qu'à nos dix-huit and avec Myriam, on avait raqué, et c'était en banlieue... - et on cohabitait tous là-dedans, par petits groupes, puisque tout le monde ne connaissait pas tout le monde. D'ailleurs, j'étais pas chaude au début, en fait j'y suis surtout allé pour voir Clara et Sophie. Et comme prévu, j'ai beaucoup discuté avec Clara, on n'a même pas essayé de se sociabiliser, étant donné qu'on n'était pas trop du même monde que le reste des copines de Mélodie. Comme par exemple une de ses copines de prépa de cette année. Qui est arrivée en jean slim, avec un petit chemisier blanc et de grandes bottes. Vous me direz, on ne juge pas à l'apparence, c'est très mal. Oui certes. Vous irez lui dire ça, à elle, et vous lui direz aussi de virer son regard hautain, là, c'est déplacé.
J'ai aussi renconté un Julien bis, ça m'a fait me souvenir du bon vieux temps, et aussi me dire que décidément, j'ai été parfaitement aveugle. C'est vraiment le genre de mec à se faire mousser sans arrêt, à faire beaucoup d'humour, des grands gestes, en un mot, à tout faire pour se rendre indispensable. J'ai un peu honte d'avoir eu ma période connasse, quand même, mais je mettrais ça sur le compte de l'inexpérience, et peut-être aussi un peu sur le compte du mazochisme.
Bon. Toujours est-il qu'à minuit, mon carosse se transformant en citrouille, j'ai dû rentrer, sinon j'avais plus de train. Je monte dans le RER, je m'installe tranquille pour bouquiner, quand j'avise à ma gauche un groupe de pouffes. "Eh merde", je me dis, mais trop tard, j'étais déjà assise, en train de bouquiner, et après tout, ça n'avait pas l'air si inintéressant que ça, ce qu'elles racontaient. J'ai ainsi appris avec intérêt que "les gros, ils sont gros aussi dans leur tête". Une des trois pintades a osé tenter que "mais peut-être pas, hin". Seulement voilà, "mais Coco, t'as jamais été grosse !". Donc quand on n'a jamais été gros, on peut attaquer les gros mais pas les défendre. C'est d'une logique, vous admettrez.
Régulièrement, elle hurlaient "black métaaaal !", sans doute plus pour se convaincre elles-mêmes que le peu de monde que contenait le wagon. Je peux dire avec une extrême certitude qu'elles n'était que des filles à papa, c'était marqué sur leur gueule, et le Schnibble sait si je suis physionomiste (Dieu reconnaîtra les siens). J'ai toujours pensé qu'il faut être ce qu'on est. Ca vous fait une belle tautologie, sans doute, mais si vous observez les gens, vous ne saurez qu'être d'accord avec moi. Les gens peuvent s'habiller n'importe comment, ce qu'ils sont est marqué sur leur gueule. Malgré tout, elles persistaient à être délicieusement cool, elles avaient prévu de rentrer à Mais-Laf (Maisons-Laffitte, bande d'ignares, je vous en ai déjà parlé, c'est la ville des bobos) pour se fumer "un gros pillon", et après elles iraient accompagner "Coco" à une fête sur le plateau de Sartrouville. Wahou.
Sur ces entrefaites arrive un groupe de racailles, le genre que j'ai bien connu au collège. Pas méchants, mais très lourds, quand ils s'y mettent. Ceux-là mêmes qui se charrient tout le temps, même entre eux.
Et là, je crois que Dieu m'a fait un petit coucou. Je commençais à en avoir ma claque des filles à papa, j'aurais aimé qu'elles ferment leur gueules, et qu'elles réfléchissent un peu à l'univers, à la vie, à l'amour, bref à autre chose qu'à leur cul, et Dieu m'a exaucé. Ou presque. Des fois, Dieu se manifeste soudainement, comme ça, il m'ouvre les yeux et il me dit "pauvre brebis, tu n'es pas seule, et je ne suis pas si injuste que tu le peux penser - oui, Dieu parle un peu par archaïsmes - regarde".
Et les racailles ont décidé d'emmerder les black métalleuses de Mais-Laff. Les pauvres, elles n'en ont très certainement jamais connu dans leur lycée privé, et je dois dire que le choc a été brutal. Elles essayaient d'être cool, mais le cool n'a pas de prise sur les malfrats qu'elles avaient en face d'elles. Elles ont essuyé de vilains mots pendant plus de cinq minutes, et malgré l'incohérence de timing, elles ont dû passer un sale quart d'heure. Elles basculaient de "ouais, j'ai Mario Kart dans mon sac, je suis über-ton-amie" à "mais arrête, d'où tu t'assieds à côté de moi ?". Quelle violence, mes aïeux. Quoiqu'il en soit, Dieu leur a offert un beau moment de solitude.
Tandis que le mec du groupe de racailles qui s'est assis à côté de moi m'a dit "pardon" en tirant le strapontin, et que je lui ai fait un joli sourire.
Oui, décidément, je sais pas vous, mais moi, ça va.
 
Ces temps-ci, je suis un peu fatiguée. La faute à plein de choses.
Déjà, la faute à ce crétin de dentiste. J'ai la mâchoire qui craque depuis des années (oui oui, et d'ailleurs maintenant ça doit faire plus de cinq and parce que si je me souviens bien, ça a commencé au collège), et puis je voulais faire soigner ça. C'est pas top-glamour, déjà, spécialement quand vous embrassez quelqu'un, ça fait une sorte de bruit d'os quand vous ouvrez la bouche, je vous le conseille pour un premier baiser, au moins ça donne direct une idée à l'autre de ce dans quoi il s'engage, mais enfin.
Oui, donc il y avait ça, sans compter que maintenant, tous les deux mois je me paye une sorte de crise, un épisode douloureux comme qui dirait, pendant lequel ouvrir la bouche devient un véritable chemin de croix (autrement dit, je peux faire une croix dessus, haha). Hem. Et donc, le dentiste - top génial selon une copine de ma tante, je sais pas combien il l'a payée - m'a prescrit une sorte de dentier à mettre la nuit, une gouttière qu'on appelle ça. En fait, ça recouvre les dents du haut, ce qui fait que je ne peux pas fermer la mâchoire, c'est pour qu'elle "démémorise" sa position et qu'elle revienne dans le droit chemin, qu'il m'a dit. En réalité, c'est complètement con, parce que le matin (jamais ça ne me fait ça dans la nuit, en tout cas), je me crispe (non, je ne sais pas pourquoi), et donc je serre la mâchoire, et ça me fait mal aux dents. En plus, c'est une fois après avoir pris mes empreintes, et avoir fait fabriquer le machin, la fois où il me l'a donné, quoi, qu'il a remarqué que "tiens, vous avez une dent qui part en avant". Et c'est dentiste. Ben voyons.
En plus de tout ça, comme si ça ne suffisait pas, il a fallu que la maison soit faite de papier à cigarette. Je ne sais pas quand est-ce qu'elle a été conçue, cette conne, parce qu'en plus d'entendre les voisins (oui, je vous l'ai déjà dit, je sais), on est aussi à 20 mètres de la voie ferrée, et je peux vous dire que je hais profondément le tégévé ainsi que tous les gens qui sont dedans, d'ailleurs, mais aussi les trains de banlieue, le RER, les voitures, les piétons, les chiens, les tourterelles du voisin (putain de machins), bref, tout ce qui est susceptible de faire du bruit. En fait, elle date très certainement d'une époque où le train n'existait pas, et où d'ailleurs personne ne parlait, c'est-à-dire du paléolithique.
Sinon, je suis aussi un peu fatiguée moralement, du genre même un peu plus, en fait. Surtout que là, je viens de me mettre à moi-même une petite claque en constatant que l'anglais, vas-y que je regarde des films en VO, même pas mal, toussa, eh ben c'est traître. Je viens de faire des tests de grammaire sur le net. Hééé ouais. Ben c'est dur. Un truc tout bête, par exemple, les comparatifs. Quand vous découvrez que vous hésitez pour traduire "Pierre est plus grand que Jean", ou encore "Pierre est plus beau que Jean", ça vous remet à votre place. Je me souvenais plus de l'histoire des syllabes, moi, est-ce que c'est de ma faute, franchement ? Donc je suis en train de tout revoir du début, c'est très valorisant.
Mais sinon, ça va hin, vu que j'ai pas cours en ce moment, hahaha. Je suis en révisions. Hééé ouais.
 
Si je pouvais, je vous mitonnerais une belle note, pour vous dire que je ne parviens pas à écrire, entrant ainsi dans la lignée des poètes alléguant une inspiration défaillante afin de composer une de leurs oeuvres les plus réussies.
Mais je ne suis pas poète, mes sources d'inspiration ne sont pas nobles, et je n'ai jamais été douée pour disserter sur Ronsard - ni sur quoi que ce soit, d'ailleurs.
Pour être honnête, je ne sais pas vraiment comment je me sens ces temps-ci. Tout est toujours trop compliqué. Proust, Rousseau, comme je vous haïs, comme je vous comprends. Le problème, avec les gens, c'est qu'ils ne sont pas transparents. On ne voit jamais qu'un côté des choses. C'est toujours plus compliqué qu'on se l'imagine. Même "maman", que je croyais invincible, "maman" qui devait me protéger de tout, "maman" dont je ne doutais jamais, trébuche comme tout le monde, elle tombe, parfois, et je ne comprends pas pourquoi. Parce que la cause de tout cela est trop lointaine, trop confuse, et trop personnelle. Mais tout le monde est opaque, et toutes les choses que j'essaye de saisir refusent de se livrer. Les gens ne sont pas logiques ni rationnels, pas même moi.
Une relation étrange s'établit entre mon père et moi, faite de tout un tas de ressentiments dont nous n'avons même plus souvenir, mais dont la trace, ce qui marque les choses plus profondément encore que les événements blessants en eux-mêmes, reste imprimée, c'est la trace horrible et indélébile de l'habitude. Vous me direz qu'elle efface. Sans doute. A sa manière. Nous avons trop de reproches à nous faire, que nous ne nous adresserons jamais. Ils sont oubliés, mais inscrits.
Tout comme les autres relations. Oubliées mais inscrites. J'ai oublié leurs bras, j'ai oublié leurs lèvres, leurs mots et leurs idioties, j'ai pardonné, j'ai désiré, pleuré, j'ai effacé, mais malgré tout, je me souviens, et je regrette. Nous bâtissons sur du sable, sans cesse.
Je suis fatiguée. Je suis au seuil d'une porte à franchir, comme tout le monde, tout le temps. J'ai cette impression que j'ai souvent, de marcher en sens inverse d'une foule compacte, qui m'empêche d'avancer, me fait mal, et me sépare de ceux qui marchent avec moi. Je continue de marcher, parce que je n'ai pas le choix, en espérant que ceux que j'aime resteront debout.
Mais c'est moi qui pose les obstacles, c'est moi qui me sépare des autres, ou qui fait en sorte d'aimer ceux qui ne resteront pas.
Et je suis fatiguée, mais je ne veux pas dormir.
 
Depuis le temps que je les attendais, ça y est. C'est les vacances.
Et ça veut dire beaucoup plus de choses que prévu, finalement.
Ca veut dire que les concours sont dans peu de temps, alors que je m'évertue depuis le début de l'année à me persuader que "c'est encore dans loooongtemps, il reste plein de mois". Et comme l'a dit notre prof d'histoire, nous avons le devoir de réussir, parce que nous coûtons très cher à la société. Ce qui est vrai. Mais à mon avis, on est un peu trop à avoir le devoir de réussir pour trop peu de places.
Ca veut dire aussi que les cours vont se terminer très bientôt, le conseil de classe va arriver, et avec lui les équivalences, qui nous emmèneront loin des préoccupations de cette année, droit vers les vacances qui nous séparent de la suite. Ce qui signifie que je ne reverrai sans doute plus les personnes de ma classe de cette année. J'ai râlé, râlé, mais au fond je les aimais bien. Pas toutes, mais certaines, quand même. Pas assez, néanmoins, pour que se mette en place une tradition comme celle de cette année, le mercredi midi passé à Châtelet en compagnie des copines de l'année dernière.
Et en attendant le cataclysme, je profite de ce que je peux vivre en ce moment. J'ai commencé par dormir - j'ai beaucoup de sommeil à rattrapper - et pour ce, j'ai découvert cette invention merveilleuses que sont les boules quiès. Parce que je vous ai déjà parlé de mon voisin, sourd comme un pot, qui a cette idée merveilleuse de brancher la tradio avec la lumière de sa salle de bains. Je me suis ainsi retrouvée dans la nuit de vendredi à samedi, à quatre heures du matin, à taper contre le mur comme une furie - c'est une saleté ce mur d'ailleurs, il laisse tout passer, mais il résonne très mal, j'ai dû taper comme une brute pour obtenir un son audible. En revanche, suite à l'achat de mes petites merveilles, j'ai dormi plus de douze heures d'affilée.
J'ai aussi été au cinéma, j'ai vu du monde, et hier, Philippe a réussi à me faire remonter sur des rollers. Au grand étonnement de Guilain, qui se souvenait visiblement de la dernière fois qu'il m'avait vue dessus, c'est-à-dire d'une chute mémorable à cause de lui (oui Guilain, c'était entièrement ta faute, j'aurais dû me déchausser en haut de la descente, "je te tiens", mon cul, mais rassure-toi, Philippe n'a pas réussi à me faire gravir la moindre pente). Ne riez pas, tout le monde a débuté un jour. Et figurez-vous que je songe à l'éventualité de m'en acheter une paire. Comme quoi, tout arrive.
Figurez-vous qu'arrivée-là, je suis bien emmerdée, je n'avais pas du tout prévu d'écrire ça. Il n'y aura donc pas de chute. Pas comme en roller, hohoho.
C'est malheureux d'écrire spontanément, tout de même. 
 
Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 5 octobre 2007
Je suis très fière de ma grand-mère. Je n'en aurais pas voulu une autre.

Même si des fois, c'est vrai qu'elle m'agace un peu, avec ses allusions au fait que je devrais aider mon père pour le repassage, la cuisine et toussa, c'est vrai quoi, je suis une fille. Mais peut-être que c'est moi qui tique vite sur ce genre de choses, aussi, et que ce n'est pas ce qu'elle veut dire, hin, il ne faut pas parler trop vite.

Ma grand-mère remplit son rôle de grand-mère à ma perfection. Déjà, elle tricote. Je vois déjà vos mines déconfites, "ah ouais, génial". Tatata. Il y a des trucs très sympa dans les catalogues phildar, il faut pas faire de discriminations comme ça. Ensuite, elle apporte toujours des petits gâteaux quand elle vient. C'est merveilleux. Ca me donne l'impression d'avoir encore quatre ans.

Mais surtout, surtout, ma grand-mère est quelqu'un d'ouvert, et qui a compris que si le temps passait, c'était tout à fait normal. Une de ses amies lui disait dernièrement que de leurs temps, elles ne se seraient jamais habillées comme on le fait maintenant. Ce à quoi ma grand-mère lui a répondu que si, elles l'auraient fait si ça avait été la mode. Et elle a parfaitement raison, je trouve.

Ma grand-mère est catholique. Quelle horreur, me direz-vous. Même pas. La dernière fois, on parlait du fameux test ADN, et elle m'a dit "même l'Eglise catholique s'est prononcée contre, et pourtant, eux, il y a des fois, on ne leur demande pas leur avis !" On a même parlé de contraception, enfin plus ou moins. Elle me disait que de son temps, on se mariait forcément quand on se plaisait, puisqu'on avait des enfants, tandis que maintenant, on peut se mettre en couple sans autant s'engager puisqu'il y a "des moyens qu'il n'y avait pas à notre époque". 

Je sais, vous devez vous dire que je vous bassine grave avec ma grand-mère mais bon, comprenez-moi, merde, c'est la première vieille personne qui ne me fait pas le coup du "de mon temps". Quand je pense qu'elle avait aux environs de mon âge pendant la guerre... Ca me paraît impossible, mais non. Comme elle dit, "j'ai l'impression d'avoir vécu une autre époque". Révolue. Et elle va avec le temps. Je trouve ça formidable. J'aimerais bien réussir à éviter l'esprit réac aussi bien qu'elle.

Voilà, c'était tout pour les fleurs. Ah oui, et elle se sert d'un ordinateur portable aussi, même qu'elle envoie des mails. Je vous avais bien dit qu'elle était chouper.
Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 18 septembre 2007
Il ne reste plus qu'à attendre. Le vétérinaire m'a presque engueulée. "Maintenant, c'est trop tard, on ne peut plus l'opérer, je vous l'avais dit en octobre". 

Ce chat a été opéré d'un cancer en février 2006. Le vétérinaire nous avait prévenus qu'il y avait de gros risques de récidives. On aurait pu l'emmener je-ne-sais-où pour aller lui faire faire de la chimiothérapie. De la chimiothérapie pour un chat de 13 ans. Bien sûr. Par-dessus une opération de 300 euros.

On aurait pu repayer encore 300 euros en octobre, puis 300 euros dans six mois encore et ainsi de suite. Mais pour un chat de maintenant 14 ans, je ne sais pas si le jeu en valait vraiment la chandelle. Sans compter l'état de souffrance dans lequel il est après l'opération. "Pourquoi vous ne l'avez pas opéré en octobre ?". Je lui explique. "Ah, bien sûr, le coût". Oui, connard, le coût. Tout le monde ne gagne pas 50 euros en un quart d'heure. Et puis il y a le fait que ce chat n'a jamais autant souffert qu'après l'opération de février.

Ainsi, dans deux semaines, après avoir usé force mouchoirs, après avoir proféré force lamentations, et ainsi de suite, nous risquons fort de devoir faire euthanasier le chat.

Tain, vu la gueule et le contenu de mon blog je devrais me faire sponsoriser par Kleenex, c'est pas possible.
Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 13 septembre 2007
Longtemps, j'ai cru que mon grand-père était mort d'une crise cardiaque. C'était en 1995. J'avais huit ans. Mon père m'avait dit "mamie l'a trouvé inanimé, on a appelé l'ambulance mais il était trop tard", ou quelque chose dans ce goût-là. Je l'avais imaginé étendu par terre, sans vie, et cette image m'est toujours restée.

En réalité, je suis bien en peine d'imaginer qu'il a été nécéssaire d'appeler une ambulance. Ce jour-là, mes grands-parents devaient nous garder, c'est du moins ce dont se rappelle ma mère, et ma grand-mère était donc sortie faire des courses. Mon grand-père a laissé un mot. "Je suis au garage". Il s'y était pendu. C'est mon cousin qui me l'a appris malgré lui cet après-midi. J'ai tiqué quand il m'a dit que grand-père s'était suicidé. "Je croyais que tu le savais". Non, je ne savais pas. Mon père ne dit jamais rien.

Il n'a laissé aucune explication. Tout le monde imagine, suppose, émet des hypothèses, mais personne ne détient de réponse. D'après ma mère, mon grand-père était déprimé, il avait rendez-vous chez le psychiatre, trois jours après. Il n'y sera donc jamais allé. Il faut dire que mon grand-père n'a jamais été un grand expansif. J'avais beau avoir huit ans, je me souviens qu'il ne nous montrait pas grand-chose, c'est d'ailleurs pourquoi nous l'avons toujours appelé "grand-père", tandis que nous appelons ma grand-mère "mamie", j'imagine. 

Tout le monde s'en est énormément voulu. Ma grand-mère, en premier lieu, mais aussi ses enfants. Comment n'avoir pas vu qu'il allait mal à ce point, comment l'avoir ignoré puisqu'il a choisi un moyen d'une telle violence ? On ne le saura sans doute jamais. 

Et malgré tout, je me sens soulagée, parce que je connais enfin la vérité sur un pan de l'histoire de la famille que je savais flou.

Voilà, c'est tout, vous pouvez partir maintenant.
Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 6 septembre 2007

Mon père a toujours son mot à dire. C'est un homme intelligent, je ne dis pas. Mais quand il s'agit de la fac, où il n'a jamais mis les pieds - rappelons-nous, bien sûr, que la fac, c'est pour les ratés - il a tendance à m'exaspérer quelque peu.

Ainsi, avant-hier a eu lieu la bataille la plus mémorable depuis des années. J'ai mes torts, plutôt deux fois qu'une, mais j'aurais aimé qu'il m'exprime ses reproches autrement qu'en finissant par dire que je devrais chercher un boulot plutôt que de finir mes licences. Encore que ça, comme m'a dit Myriam, c'est parce qu'il "fait son coup de flip" : il a peur que je ne trouve jamais d'emploi. Pour lui, en effet, quiconque n'est pas scientifique n'a aucune place dans le monde du travail. Et comme elle a ajouté, il n'est jamais facile de s'entendre dire qu'on n'est pas capable de mener à bien ses études. Mais ça passe.

D'accord, mettons que ça passe. Je sais que ça passera.

Ce qui passe moins bien, en revanche, c'est sa mesquinerie. Je sais que je chiale tout le temps, surtout quand il ne faut pas. Je chiale dès que je suis triste, et comme je suis une fille très sensible, vous pouvez imaginer ce que ça donne. Dire le mot "chialer" ça me ferait presque passer à l'acte, tiens. Bon, j'en rigole, j'en rigole, mais j'ai eu du mal à m'y faire. Oui, parce qu'on s'y fait, ou du moins c'est ce que je crois. Parce que pleurer, c'est irrépressible. Quand je me dis "ah, tiens, si on continue sur ce sujet, là, comme ça, je vais déborder", ça arrive forcément. D'abord, vous avez les yeux rouges, puis la gorge qui brûle, parce que vous essayez de contenir ça comme vous pouvez, et puis votre vue s'embue, et vous avez vraiment vraiment mal à la gorge, mais vous vous dites "peut-être qu'il n'a pas remarqué, essayons de camoufler tout ça", et vous essayez de renifler discrètement (bon courage). Quelque fois, même, vous essayez de vous donner une contenance en allant chercher quelque chose à la cuisine, l'essentiel est de sortir de la pièce, de respirer un bon coup, du moins c'est ce que vous vous dites. Seulement, quand vous rentrez à nouveau dans la pièce, vous savez que vos yeux feraient pâlir d'envie un lapin albinos, et vous restez presque pétrifié dans la gêne qui s'installe autour de vous. Ajoutons à cela que de sortir ne vous a en rien calmé, et c'est ainsi que vous vous retrouvez plus que jamais à lutter contre cet ennemi redoutable qu'est le chagrin. Mais ne vous y trompez pas, peu de temps après, soit vous éclatez en sanglots, soit une traîtresse larme coule, suivie par une autre, puis une autre, puis vous vous retrouvez à sangloter. Ca me rapelle une amie qui me racontait que son copain l'avait larguée la veille de Noël, et qui, au repas de famille, répétait qu'elle avait "quelque chose dans l'oeil". Comme je la comprends. J'aimerais beaucoup ne pas chialer sans arrêt, mais je ne peux pas.

Toujours est-il que dans une conversation un peu délicate (ces derniers temps, la séparation de mes parents, par exemple, même si maintenant ça va mieux), je sais d'avance ce qui va arriver. Ainsi j'ai fini cette fameuse bataille en larmes, ce que mon père m'a reproché. Ce ne serait pas "adulte". Sois un homme ma fille, c'est ça ? 

Mais non, en fait, ce qui me blesse le plus, c'est la manière dont il me l'a dit. J'avais l'impression qu'il essayait de me dire qu'il fallait que j'arrête de jouer la comédie. Mais quelle comédie, papa ? Je suis toujours honnête avec toi et tu me dis des choses pareilles. Là, il faut savoir que mon père a une légère tendance à mettre toujours les pieds dans le plat, sans écouter ce que je peux avoir à lui dire. Par exemple, quand j'avais quinze ans, il me répétait sans cesse que ce n'était pas bien de manger si gras, que j'avais grossi et j'en passe. Je sens les cheveux de certains de mes lecteurs, surtout de mes lectrices se dresser sur leur tête. Si par hasard, lecteur(-trice), tu n'as pas tiqué, apprends donc qu'il ne faut jamais parler de valeurs nutritionnelles, de prise de poids, ou de tout ce qui a trait à cela à une adolescente, et d'ailleurs à une femme en général, cela revient à s'attirer ses foudres et à devoir faire face à une discussion houleuse et amère. Or donc, j'ai eu beau répéter à mon père que j'en avais plus qu'assez de l'entendre parler de tout ça, il ne s'est pas démonté, et j'y ai encore droit régulièrement aujourd'hui. 

Le pire, dans tout ça, c'est que j'avais l'impression que nos problèmes étaient définitivement réglés, que le pire était passé et qu'il commençait à me connaître. En réalité, pas vraiment.

Certains m'envie d'être en vacances depuis si longtemps. Moi, j'aurais bien aimé avoir déjà repris les cours. Plus le temps avance, plus je me démotive, et ça fait paniquer mon entourage. Du coup, je m'engueule avec tout le monde, et j'essaye de me persuader que ce n'est pas du tout de ma faute.

Mais grâce au ciel, j'ai un frère qui a des idées de cadeaux excellentes pour l'anniversaire de ma mère. Tout n'est pas perdu.

Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 30 août 2007

DTC

Depuis le lycée, j'ai pris l'habitude d'écouter la radio. Au début, c'était pour me donner une contenance, au lieu de ruminer bêtement devant mes céréales le matin. Et puis peu à peu, j'y ai pris goût, si bien que je ne conçois plus un repas seule sans allumer la radio. Sachant qu'en plus j'allume la radio n'importe quand et à n'importe quelle heure, j'ai eu un petit aperçu des programmes de France Inter. J'aime bien France Inter, j'apprends des choses en écoutant, et même les émissions de science ont réussi à m'intéresser, ce qui n'est pas peu dire.

Du moins j'écoutais avec beaucoup de ferveur jusqu'à présent. Cet été j'ai très peu allumé la radio, je n'ai recommencé que cette semaine, chez ma mère. Et ça ne m'a pas donné envie d'écouter plus avant.

Tout d'abord, je tombe sur "penelope.com". C'était la première fois, je n'avais pas encore d'a priori. J'écoute un peu, et plus j'écoute, plus la nana qu'on interviewe commence à me gaver. Je ne sais toujours pas qui c'est puisqu'en une demi-heure son nom n'a pas été prononcé (ou alors peut-être à un moment où je n'écoutais plus), ce que j'en ai retenu, c'est que c'est une iranienne qui se vante sans arrêt, "sans prétention, je lisais Sartre à douze ans". On appelle ça une dénégation. Bon, passe encore, ce n'est que l'invitée.

Plus tard, je retombe sur la même émission. Cette fois-ci, ça parle de la place du père dans la famille. Mouais. Là déjà, je dois avouer que je ne pars plus de rien, et je commence à me méfier, pour ne pas dire que je sens carrément arriver les remarques à la con sur un sujet qu'on nous a déjà assez rebattu. Ca ne tarde pas. Déjà, je constate avec mauvaise humeur que sous couvert de féminisme passent en réalité des idées complètement contraires, jusqu'à l'apogée : un homme raconte qu'il va assister à un accouchement, il y a un drôle de bruit derrière lui, on lui a donné des sortes de chaussons bleus stériles. Là-dessus, la journaliste m'assène le coup fatal : "ah bah au moins, on vous respecte, on vous en a donné des bleus et pas des roses !", qu'elle lui fait. Il a eu le bon goût de répondre "à l'hôpital, tout est bleu", d'un air un peu dubitatif, ce qui me donne le courage de bouger : je tends le bras pour éteindre la radio.

J'ai refait l'erreur d'allumer la radio ce matin. Cette fois-ci c'était "ça vous dérange". Et en effet, ça m'a dérangée d'entendre une bande de pédants expliquer que "bien sûr, il faudrait supprimer le bac, ou alors il faudrait que chaque lycée organise le sien, ce serait à l'équipe pédagogique du lycée de noter". Génial. N'en avait-on pas déjà débattu à l'époque de la réforme Fillon ? Est-ce que les lycéens n'avaient pas assez hurlé dans la rue qu'un diplôme de lycée de banlieue ne vaudrait plus rien face à celui d'un grand lycée parisien ? J'ai l'impression d'avoir brassé de l'air avec tous les autres, j'ai l'impression que nous sommes complètement impuissants face à de grandes personnes qui nous disent "fermez vos gueules, vous direz merci plus tard". Et en même temps, j'ai l'impression de courir sur un pont qui est en train de s'écrouler, comme dans les films, vous savez, quand le héros manque de tomber en arrière pendant que les pierres du pont se dérobent sous ses pieds, puis il se met à courir tandis que le pont se réduit dangereusement. Après, une chance sur deux pour que ce qui reste du pont se détache brusquement, emportant le héros dans sa chute dans un gouffre sombre dont on ne distingue pas le fond.

Et comme si ça ne suffisait pas, ils ont viré Eclectik. Mais où va la France, que fait la police ?
Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 28 août 2007
Les crêpes au chocolat, par exemple, entre autres. Mais ça, encore, on peut s'en servrer, puis recommencer. Et surtout, une crêpe au chocolat ne dit jamais non. Vous me direz, c'est encore plus terrible. Mais non.

J'aimais par-dessus tout faire chier Philippe. Je le fais encore, et ça risque de durer, mais bon, mes moyens d'actions sont limités. Tout ça parce que je l'ai trop fait. Mais je ne regrette rien, c'était parfait.

Philippe a une phobie bizarre : il a peur qu'on lui morde le cou. Comme s'il était une antilope ou que sais-je encore. Donc forcément, il fallait absolument que je trouve un moyen d'y parvenir. Je lui ai fait le coup du "je fais rien. Je te le jure". Puis forcément, je plantais mes chicots et puis je rigolais avec mon rire de peste, "j'ai mentiii !".
Maintenant, ça ne marche plus. Normal, le comique de répétition a ses limites. Mais le pire, dans tout ça, c'est que maintenant, à chaque fois qu'il est persuadé que je vais lui faire une crasse, il me bloque les mains et il me dit "t'allais dire j'ai menti, hin, dis-le, j'en suis sûr !". Alors que non, moi j'ai abandonné depuis bien longtemps. 

Voilà comment disparaît la confiance dans le couple.
Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 23 août 2007

L'heure avance.
Je suis en train de me demander si oui ou non changer d'adresse était une bonne idée. Remarquez, le changement ces temps-ci, ça me connaît. Je vais aller me perdre à la fac, et continuer à le faire dans la vie. Quel dommage qu'il n'existe pas de GPS pour les actes et l'avenir. "Continuez en licence pendant 1 an, puis entrez en école de...". Je balise tellement que des fois, la nuit, quand je pense à trop de choses sans trouver le sommeil, j'ai envie de vomir, brusquement. Et en plus j'ai la phobie de tout ça. Oui, comme des araignées ou de n'importe quoi. Je me mets à paniquer, sans trop savoir pourquoi. 
Je me suis rendu compte que la panique a fini par devenir quelque chose de rassurant. Je connais. J'ai tellement peur du changement que si j'avais pu rester dans le ventre de ma mère, je l'aurais certainement fait.
Et pourtant...
Pourquoi "Mystère et Pâté de Foie" ? Après "Sucrésalé", on reste dans les aliments, vous me direz, oui, mais pas seulement. En fait, c'est la seule réponse valable que j'ai trouvée à la question "comment je pourrais bien l'appeler ?". "Mystère et Pâté de Foie". Mepf en abrégé. Mepf j'aime bien, ça me fait penser au bruit d'un pneu qui se dégonfle ou à quelqu'un qui se ravise de dire une connerie. Mepf, c'est signifiant mais pas trop. 
Mais l'heure avance, l'heure avance, et l'appel du lit se fait pressant.

Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés