J’ai été voir Public Enemies. Bon sang, ce que je regrette. Remarquez, ça me permet de faire une note sur mon blog, et non pas sur Ca casse pas trois pattes à un canard. Parce que sur ce film, il n’y a pas trente-six questions métaphysiques à se poser : c’est nul. Pourri. A chier.
Pas la première demi-heure, je veux bien l’accorder. La première demi-heure, on découvre un peu. C’est mal filmé (en caméra d’épaule en plus, moi qui adore ça…) et on ne comprend pas tout, mais ça va. Par contre, après, on se rend vite compte que Michael Mann est un grand sentimental : toutes ces petites prises qu’il a tournées avec amour, les unes après les autres, il ne pourrait tout de même pas les couper ! Non, ça lui ferait trop mal au cœur. Hin le quoi ? Le montage ? Jamais entendu parler. Ce qui fait qu’on se retrouve avec un assemblage de scènes et non pas avec un film. Et puis, cerise sur le gâteau, immense tour de force, le film a beau être trop long, on ne comprend quand même pas tout. A un moment, je me suis dit que c’était voulu : c’était pendant une fusillade en pleine nuit, et j’avise ce que je croyais être un flic qui commence à suivre un autre flic. Je me dis « super, un effet ! Eux non plus ne comprennent plus rien et ils vont commencer à s’entretuer ». En fait non, eux, le réalisateur les avait briefés, ils savaient où ils allaient. Ils étaient bien les seuls.
Sans parler du fait qu’il a sans doute changé de caméra pour certaines scènes, et que parfois ça donne envie de pleurer. Le cadrage pourrave, avec l’image pourrave, sur un scénario pourrave, mais pourquoi, grand dieu, pourquoi ? La scène où Marion Cotillard est seule dans son appart puis qu’elle s’en va (après un habile subterfuge) est un petit bijou. Pour tout vous dire, on dirait du grand reportage, genre Confessions intimes. La qualité de l’image est très travaillée, on se croirait à la télévision, c’est pour se sentir comme chez soi. Ensuite, c’est filmé en caméra d’épaule si je me souviens bien, ou en tout cas avec des cadrages extrêmement judicieux, tels la contre-plongée en mouvement. Bref, j’attendais avec impatience la voix-off qui nous aurait raconté les problèmes de voisinage de Billie, et comment elle se rongeait les ongles de pied en attendant Johnny.
Et la prise de son… une merveille ! En fait ça donne l’impression que tout a été filmé au caméscope : quand les gens sont bien en face de la caméra, ils hurlent, sinon on ne les entend pas. Mais moi j’ai compris pourquoi ça ne sert à rien d’embaucher un perchiste, parce que ça fait comme dans la vie : quand on se tourne on entend moins bi… Ah non, tiens.
Allez, la semaine prochaine, Bambou ! Haha, non, quand même.
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