Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 01:07

Vous avez dû remarquer que ça fait longtemps qu’il ne s’est rien passé ici. On ne peut rien vous cacher, petits coquinous. Mais croyez-moi, il y a une raison à cela. J’aimerais dire « une bonne raison », mais ce serait aller un peu loin.

 

En fait on peut même trouver plusieurs raisons. La flemme, déjà. Ensuite la honte, rapport à ce qui va suivre. Ben ouais, on se casse le cul à faire un blog un peu intelligent, genre j’écoute la radio avec mon cerveau, moi, madame, je fais des critiques de films et tout et tout, et puis… ben de temps en temps on faute, on pèche, que dis-je, on s’engouffre dans l’abîme. Mais aussi c’est pas trop de ma faute, c’est juste parce qu’à la fin de l’été dernier j’avais pas trop la pêche. Du coup, pas conne, je me suis dit « tiens, et si je joignais l’utile à l’agréable ? », j’ai donc décidé de réviser mon anglais en lisant un livre en anglais. Jusqu’ici tout va bien, mais je sens que vous commencez à entrevoir l’horrible vérité. Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps : j’ai lu la série des Twilight. Les quatre tomes. Mon Dieu, je… non, ne partez pas ! Je peux tout expliquer !

 

J’ai lu le premier parce que j’avais vu le film. Comment ça je m’enfonce ? Non mais pas au cinéma, hein, et puis c’était pour faire autre chose que de la grammaire. Et Dieu m’a punie en ne me donnant pas mon CAPES. A moins que ce soit le manque de boulot, qui sait. Bref, le film était à chier, tellement que je crois que je n’ai même pas pris la peine de vous en faire un article, c’est dire. Et donc ça m’a donné envie de lire le bouquin, pour voir si c’était vraiment aussi pourri, et pourquoi il avait tant de fans. Eh bien vous allez être déçus, je ne vais pas tirer dessus à boulets rouges. Ce livre n’est pas la daube que j’attendais (notez bien que je ne parle que du premier tome, là, n’allez pas me faire dire que j’ai kiffé le quatre, je vous en voudrais). On ne peut pas vraiment dire qu’il soit bien écrit, comme d’ailleurs on ne peut pas vraiment dire que je sois calée sur le style dans la langue de Stephenie Meyer. Je lui reproche surtout ses nombreuses répétitions ; elles ne sont pas collées les unes aux autres, mais on retrouve les mêmes expressions disséminées tout à long du bouquin, et à force, on a envie de demander à la dame de s’acheter un dictionnaire des synonymes. Mais c’est quand même buvable. Au niveau de l’intrigue, on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit recherchée, elle serait même carrément bateau, sans compter que pour les puristes du vampire qui sort le soir et dort dans son cercueil, Edward est une hérésie ; Edward, c’est le côté glamour des vampires, le côté jeune fille naïve. En revanche, Stephenie est vaaachement forte pour un truc, qui fait la force de ce bouquin, à mon sens : Stephenie sait parfaitement faire revivre à la lectrice nostalgique ses idylles adolescentes torturées. Ben oui, c’est super con, mais malgré le côté bellâtre des vampires, je me suis laissée prendre au jeu. J’avais l’impression de me retrouver à mes dix-sept ans, en face de mon ex, mais en mieux, en fantasmé quoi. Twilight, c’est le gros fantasme jamais égalé des amours-passions adolescentes forcément déçues. Edward est beau, Edward est dangereux, Edward est amoureux et passionné, Edward n’est pas un connard fini qui te promet la lune et finalement se tire, et même cerise sur le gâteau, Edward ne va pas aux toilettes, Edward n’a pas besoin de se laver mais sent toujours bon : Edward est merveilleux.

 

Au tome deux par contre, ça commence à se gâter. Pour moi, le tome un se serait suffi à lui-même, il aurait juste fallu qu’Edward morde Bella à la fin, mais évidemment, si on veut gagner plus de thunes, quatre best-sellers valent mieux qu’un. En fait j’ai lu toute la suite en espérant que ça allait s’améliorer, mais en sachant pertinemment que ça n’arriverait pas, et puis aussi pour savoir la fin. Le tome deux est un peu une grosse arnaque : tu l’ouvres en attendant une aventure rocambolesque du valeureux Edward et de la sémillante Bella, sauf qu’Edward se barre au début, et qu’ensuite Bella se plaint. Elle se rapproche ainsi de Jacob, qui fait ce qu’il peut, mais comme Bella se fait chier, on se fait chier aussi. Si c’était voulu comme moyen, c’est réussi, mais Stephenie en a sans doute fait un peu trop, parce qu’à la fin, quand Edward revient (le faux suspense à deux balles, vous vous attendiez à quoi ? Evidemment qu’il va revenir sinon comment on fait les deux tomes suivants ?), eh ben il a l’air niais, et finalement on regrette un peu que Bella le retrouve comme si de rien n’était. On a un peu l’impression d’avoir poireauté tout le tome pour rien. A propos de suspense à deux balles aussi, Stephenie s’est lâchée : depuis le premier tome, le lecteur se doute que Jacob est un loup-garou ou assimilé ; pour Bella, quand tout concorde, ce n’est pas si évident que ça, et cette greluche reste là à se poser des questions. Si encore on suivait un autre personnage que cette conne, on pourrait lui trouver des excuses, mais sachant que la focalisation est interne (pour les non-capésiens, ça veut dire qu’on suit l’histoire à travers les pensées du personnage), l’effet est simplement chiant.

 

Au tome trois, ils se sont donc retrouvés, et Edward s’en veut beaucoup d’avoir laissé Bella. Moi je lui en ai voulu d’être revenu, parce que décidemment il n’avait pas la même saveur. Edward pour moi, c’est un peu l’amour au ras des pâquerettes : c’est bien joli, mais il faut se rendre un jour à l’évidence, on s’est fait des gros films et cet amour parfait ne peut pas exister. Jacob, lui, a toujours autant d’attrait, mais malgré tout, Bella continue à lui préférer cet Edward édulcoré. Au niveau de l’intrigue, on passe tout le tome à poireauter, comme au tome deux, et en plus on loupe la grosse bataille finale parce que c’est trop dangereux pour Bella. En cours de tome, gros instant savoureux : Bella aimerait bien tringler, et en fait part à son amoureux. Edward lui explique alors qu’il n’acceptera qu’une fois marié. C’est pour protéger leurs âmes, il lui a dit. Voilà enfin un livre qui dit la vérité, il faut en finir avec ce relâchement des mœurs : le mariage est le seul cadre acceptable pour le devoir conjugal, et encore, dans le but de procréer.

 

Vient ensuite mon tome favori : le tome 4. Edward et Bella se marient, et Bella qui n’appréciait que moyennement l’idée comprend enfin que c’est l’acte le plus beau au monde, et Jacob a un gros chagrin. Bella tombe enceinte, parce qu’ils ont enfin tringlé. Eh oui, ils ne se sont pas protégés parce que le sida, c’est rien qu’une maladie de pédés, c’est bien connu, et puis en plus, quoi de plus beau que d’avoir un enfant de son premier amour à dix-huit ans ? Excusez-moi, il faut que j’aille vomir ; non ce ne sont pas des nausées matinales. D’ailleurs à ce propos, le quatrième tome est une escroquerie de la pire espèce : je m’attendais à une description de l’acte, même édulcoré, par exemple une description de ce que ressent Bella. Bah rien du tout ! Stephenie s’est doutée que ça serait un exercice périlleux : être excitant mais pas trop, et pas porno surtout, du coup allez hop, elle n’en a rien dit. Résultat, on passe du bain de minuit directement au lendemain matin. Pour Bella ça avait l’air vachement bien, en revanche le lecteur est hyper frustré. D’ailleurs pour ne pas se compliquer la vie, Stephenie fait dire à Bella qu’elle n’a pas souvenir d’un moment où Edward aurait déchiqueté deux oreillers, d’ailleurs elle n’a pas l’air de se souvenir de grand chose. Je ne sais pas vous, mais là c’est un peu gros : si ne ne me rends pas compte de ça au lit, c’est que je pionce. Mais bref. D’ailleurs il faudra qu’elle m’explique pourquoi les vampires femelles ne peuvent pas procréer mais que les mâles si ; j’ai beau essayer de comprendre, ça reste pour moi un mystère. Et donc ensuite elle accouche, elle manque de mourir, mais comme elle devient vampire, ça va mieux. A partir de ce moment, Stephenie a grave laissé cours à ses fantasmes les plus débridés, à tel point que ça en devient ridicule. La magie du premier tome est partie en pleurant, et avec elle, le mystère. Ce tome est d’ailleurs bien chargé en ridicule grâce au livre du milieu (oui, ce tome contient trois livres), raconté par Jacob, le faux rebelle de service. On sent bien que Stephenie a voulu nous en faire un bad boy au grand coeur, mais rien à faire, ça sonne tellement faux qu’on est désolé pour elle.  La fin est téléphonée de sa race, du coup on s’ennuie, alors que ça se voudrait super tendu.

 

Enfin je ne vous la raconte pas pour vous en laisser tout le piment, je sens que je vous ai mis l’eau à la bouche et que vous allez vous empresser d’engloutir ce petit bijou !

 

Oui oui, la fin de cette note est bâclée, mais vous pouvez me comprendre, il est tard, et puis c’est plus long que d’habitude. Mais vous ne m’en voulez pas, car vous êtes mignons. D'où le titre, aussi.

EDIT pour Dine : Quelle étourdie je fais, alors que j'ai tant pesté ! Le coup de grâce m'a été asséné dans ce bouquin au moment où j'ai lu le nom de la fille de Bella et Edward : Renesmee, contraction de Renee (mère de Bella) et Esme ("mère" d'Edward). J'ai un peu revécu l'épilogue niais de Harry Potter, qui lui aussi recycle des noms de merde, c'était terrible.

Par Aspirine
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rechercher

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés